Du moyen-âge à nos jours

En 852, la paroisse de Chanas est rattachée au prieuré de Salaise.

Dans un ouvrage édité en 1949 « Roussillon et son canton » nous apprenons que le château de Montbreton fut détruit par Mathilde épouse du roi Conrad qui régnait sur Vienne (951-993). La reine à la tête d’une armée poursuivit les habitants de la Valloire auteurs d’une sédition, elle les força à se réfugier au château de Montbreton qu’elle prit d’assaut et détruisit.

Montbreton relevé de ses ruines devint un fief de Roussillon. Des alliances successives fit passer la seigneurie dans la maison de Chaland, puis dans celle de la famille Grolée-Viriville qui la possédait encore en 1790. Depuis lors le château a été complètement transformé mais le domaine a conservé presque son intégrité et appartient à la famille Rostaing.

Après la révolution

A partir de 1789, les registres de délibérations des conseils et documents annexes permettent de noter quelques événements historiques pour le village : lors de l’invasion de la Vallée du Rhône par les autrichiens, ceux-ci s’installent près du pont de l’actuelle RN7, sur le Dolon comme en témoignent certains bulletins de réquisition pour le ravitaillement du camp.

Des notes de réception attestent également le passage de la duchesse du Berry (femme du second fils de Charles X) se rendant en Italie via Grenoble au début du XIX siècle. L’équipage emprunta le chemin Arlot (chemin d’Arles) celui qui passe à côté de l’ancienne cave coopérative, devant le stade c’est-à-dire une partie de l’actuelle rue de l’Avenir, puis la Garenne se dirigeant vers la route de Grenoble à la hauteur de Montbreton.

C’est le chemin qu’empruntaient les vagabonds de l’époque faisant étape à la grange de Montbreton où il leur était possible de se reposer et de passer la nuit.

Jusqu’à aujourd’hui

Au sujet de l’agriculture, une étude fût faite en 1905 sur l’évolution agricole d’une commune rurale. L’auteur fait remonter sa monographie jusqu’au XVIIe siècle grâce aux registres paroissiaux. En marge des actes, il a trouvé des allusions à l’introduction de la pomme de terre (la truffe blanche) dans le pays, sensiblement avant, semble-t-il, l’introduction officielle par Parmentier.

Quelques traits historiques de Chanas

© Mairie de Chanas
© Mairie de Chanas

place-de-la-fontaine-chanas-3Notre commune a un passé peut-être ignoré mais qui mérite d’être connu, pour cela, posons quelques jalons dans le temps. Le premier à l’époque romaine. L’antique voie domitienne plus tard appelé « voie Magne » (la grande voie) passait à Chanas (Casnus), témoin la borne milliaire constituant « la fontaine du pèlerin » au pied des escaliers conduisant à l’église, dont la transcription quelque peu effacée, mais toujours lisible, a été donnée par l’archiviste départemental d’après le recueil d’Allmer et Terrebasse :

Impreratori Caesari T-Aélio Hadriano Augusto Pio, patrie patriae, pontifici, maximo, tribunicia podestate VII consuli IIII (millia passum XIII) ainsi traduit par les historiens :

A l’empereur César, T.Aélius, Hadrien, Antonin, Auguste Le Pieux, père de la patrie, pontife suprême, la septième année de sa puissance tributienne, la quatrième année de son consulat (14 milliers de pas).

Puis, survinrent les années noires des deux guerres où Chanas paya un très lourd tribut à la défense du pays. La guerre de 14-18 où 44 jeunes hommes firent le sacrifice de leur vie. Puis, plus près de nous le conflit de 39-45 encore très présent à nos mémoires et la tragique journée du 29 août 1944 où 19 de nos concitoyens, voisins et amis furent assassinés puis brûlés par les hordes nazie en déroute fuyant devant l’armée de libération débarquée en Provence quelques jours plus tôt commandée par le général De Lattre de Tassigny.

La dizaine de fontaines qui alimentaient autrefois le village (jusque vers les années 1948-50) dont deux coulent encore : la fontaine du pèlerin et celle de la montée de Chavanas seraient alimentées par les trop plein d’un tunnel creusé autrefois à flanc de coteau par les romains et qui servait à alimenter un camp militaire situé dans la plaine.

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© Google Maps
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Étymologie du nom Chanas

Le nom de Chanas dérive certainement du mot bas latin (probablement d’origine celtique) : Casnus traduit en notre langue actuelle par Chêne.

Le nom est en rapport avec l’aspect général que devait présenter le pays à l’époque romaine (Chanaz en Savoie, Chanes en Saône et Loire, Chonas en Isère et certainement d’autres) ont une origine identique. En ces temps là devaient exister de nombreux bois de chênes.

Aujourd’hui

Actuellement, il existe encore de nombreux taillis, de nombreuses bordures ou limites de terrains ou de crêtes de coteaux composés uniquement de chênes.

Certains de ces arbres sur le secteur de Bouillard ou de la Garenne sont plus que centenaires et même plusieurs fois centenaires.

Celui de la Garenne certainement le plus âgé de tous (300 ou 400 ans) est utilisé comme jalon sur les cartes d’état major.